22 juin 2017

Est-ce que la religion évolue?







Une lettre dans le Courrier de Louise dit que la religion catholique a évolué, et elle cite comme exemple le fait que l'Église n'oblige plus les femmes de porte le voile pour fréquenter la messe.

Ça en réponse d'un athée intégriste qui dit que les religions n'évoluent pas.

En fait, dans la religion catholique, c'est un mélange de préceptes qui n'évolueront pas, et ouverture à des nouvelles idées.

Pour comprendre cette perspective, il faut se rappeller que l'Église a été fondée pour être la gardienne de la vérité.

Quand l'Église définit un dogme ou tranche sur une doctrine morale, il n'y pas d'évolution sur ce point. L'Église croit que Jésus est résuscité, et sur ce point, il n'y aura pas d'évolution. On ne renonce pas à la vérité.

MAIS, comme la vérité est infinie, et que nous ne le sommes pas, c'est normal qu'au cours de l'histoire, on développe une meilleure compréhension de la vérité et qu'on pousse notre réflexion là-dessus, Il se peut aussi que des nouvelles connaissances informent le développement théologique. Par exemple, la théorie de l'évolution, l'histoire des formes littéraires, et ainsi de suite. St. Augustin avait tendance à prendre le livre de la Génèse plus littéralement, mais aujourd'hui, suite à nos connaissances sur la littérature du Moyen-Orient, et l'histoire naturelle, on ne vois plus l'histoire de la création comme un récit historique.

Donc, sur certains points l'Église catholique "évolue" et sur d'autres, elle reste toujours fidèle à ses enseignements. L'Église est surtout ferme sur ses doctrines. Mais sur les pratiques l'Église est ouverte au changement, dans la mesure qu'elles ne reposent pas sur les dogmes ou la révélation, Par exemple, la Messe a évolué au cours des siècles; il y a des éléments de la messe qui y feront toujours partie, comme la consécration de l'Eucharistie, par Jésus a commandé qu'elle soit célebrée. Mais beaucoup d'éléments sont négociables parce qu'ils ne sont pas issus directement de la Révélation divine. Par exemple: les positions qu'on prend. Des fois on s'asseoit, des fois on se tient debout, des fois on est à genoux.


Donc on peut dire que l'Église peut connaître certaines évolutions, tout en restant ferme sur certains points.

10 juin 2017

Le bôbô de notre ère-- la déhellenization



Depuis 5-10 ans notre culture est dans la tourmente. Bien sûr, la culture war sévissait avant ça. Mais depuis ces dernières années, la polarisation s'accentue, surtout avec l'avènement des SJW et l'ideologie transgenre. 

Nous sommes plus capables de raisonner. Nous sommes plus capables de nommer les choses telles qu'elles sont. Toute réalité est maintenant construite. On ne peut plus évaluer la réalité, la vérité objective d'une affirmation. Dans l'optique SJW, si on le ressent, c'est vrai. Ou, si on vient à une conclusion selon les prémisses de son idéologie, logiquement c'est "vrai", même si les faits la contredisent.

En fait, le Pape Benoît XVI avait un nom pour le déclin intellectuel de l'Occident: la déhellenization. On a foutu tout l'héritage de raisonnement de l'Antiquité-- pour adopter des approches qui nient la possibilité de l'esprit d'appréhender la réalité objective. 

On n'affirme plus le principe de la non-contradiction. On ne s'appuie plus sur des faits empiriques. Notre subjectivité devient la mesure de la vérité, de la morale. Si on est "triggered" on a droit de faire taire le coupable. Si un enfant souffre, on a le droit d'imposer l'euthanasie-- parce que nous autres on ne voudrait pas souffrir. Son expérience, ses réactions, voilà la mesure des choses. Par la vérité. Pas la réalité objective. Pas la science. Pas la logique.

Le commun des mortels disent qu'on ne croit plus au gros bon sens. Mais c'est plus que ça. On ne fait plus confiance à notre esprit de saisir la réalité selon la raison seule. C'est pour ça que la population générale se fie uniquement sur ses sentiments et ses expériences. Elle pense que la raison fait défaut-- qu'on ne peut pas imposer "ses" valeurs sur les autres. On peut s'attendre à ce que les autres respectent ses sentiments et ses expériences, mais pas la raison. Ça c'est imposer ses valeurs.
 
L'exemple le plus extrême est bien sur l'idéologie transgenre.  On veut me forcer à reconnaître des bêtises.  (C'est drôle mes les gauchistes n'ont jamais de difficulté d'imposer leurs valeurs). On n'a plus le droit de dire qu'un garçon est un garçon s'il se croit une fille.  Un autre exemple: si une femme a consenti à des relations sexuelles, mais elle le regrette, elle peut rétroactivement re-interpréter ses expériences de sorte qu'elle "réalise" qu'elle n'avait pas vraiment donner son consentiment et donc qu'elle est justifiée de poursuivre son partenaire pour viol. Un autre exemple: on peut être désaccord avec une idée ou une idéologie sans être haineux. Mais, les SJW réinterprètent la critique comme si c'était de la haine. Donc, je m'oppose à l'avortement, je suis automatiquement misogyne. Le fait que je sois une femme est sans importance, j'haïs les femmes.

Nos institutions emploient régulièrement ces raccourcis. Mais c'est de plus en plus difficile de reconcilier nos libertés avec ces raccourcis. Si l'opposition à l'avortement est de la haine aux femmes, à quand la criminalisation des  pro-vie? Déjà on perd notre droit de protester devant les cliniques.

Si nos institutions emploient ces raccourcis, on ne gardera pas nos droits pour longtemps. Les droits ont été élaborés avec l'idée qu'on pouvait discerner la réalité objectivement avec un raisonnement discursif. La Charte de droits et libertés basent l'existence des droits sur "la suprématie de Dieu." Que l'on croit ou non à un Dieu personnel n'est pas la question. Mais les droits viennent de Dieu-- un être hors de nous, un être qui la source de l'ordre et de la raison même. Quand on nie la force de la raison, quand on renonce à notre capacité de déterminer le vrai et le faux, on n'est pas loin de la renonciation du concept desdroits lui-même. Du moins, ce système risque de se déformer et se dénaturaliser. Parce le concept des droits repose sur notre capacité de dire qu'une affirmation est vraie ou fausse selon une réalité objective. Si, par exemple, on perd la notion du vrai et du faux, on peut facilement justifier le meurtre si ça nous convient. Déjà on justifie l'avortement et l'euthanasie. À quand la justification pour la mise à mort des handicapés intellectuels? On voit venir leur raisonnement: C'est pour leur propre bien. On sait tous qu'ils souffrent tous, pis bon, personne d'entre nous veulent souffrir, donc c'est mieux de ne les pas faire souffrir. Donc on devrait les tuer. C'est mieux pour eux. C'est "juste" une coincidence que ça élimine nos responsabilités envers eux.

Il est urgent donc de sonner l'alarme sur la déhellenization. Oui, c'est un mot boiteux pour décrire la situation intellectuelle de notre temps. Mais si on ne corrige pas cette tendance, c'est sûr et certain qu'à l'avenir, tout ce qui nous dégoûte dans le moment va finir par se normaliser, même la pédophilie. Parce qu'on va se baser sur les sentiments et les expériences. On va trouver des jeunes qui ont eu des relations avec des adultes plus âgés, et ils vont racconter comment ces relations ne les ont pas endommagés, on va faire taire toutes les victimes et la pédophile va prédominer.   D'ailleurs, il y a pire encore comme conséquence. Notre héritage occidental a fait en sorte qu'on valorise l'égalité de tous et qu'on protège le faible. Quand on jette la raison de bord, c'est la loi du plus fort qui va prédominer. La seule chose qui règle les disputes quand la raison ne suffit plus c'est la force. Donc c'est le plus fort qui va gagner.

Il faut avertir les gens. L'avenir de l'Occident en dépend.




10 juillet 2016

Louis O'Neill sur le débat québécois sur l'euthanasie



Au fait, y-a-t-il eu vraiment débat? Au sein des instances politiques, sans doute. Dans les médias, bien peu, car ce sont des porte-parole d’une pensée unique qui ont monopolisé le discours,donnant l’impression que l’affaire était close et qu’une seule conclusion s’imposait de soi. Je note par exemple que n’eut été le recours à mon ordi et à mon courriel, je n’aurais pu savoir que des groupes religieux d’allégeances diverses avaient émis à plusieurs reprises des opinions qui auraient mérité d’être connues du grand public et faire partie du débat. Mais ces opinions avaient le défaut d’aller à l’encontre du discours dominant. Sauf un rare et faible écho qu’on leur a accordé, elles ont glissé sous le radar. Il en est résulté un débat à sens unique, voire plus une apparence de débat qu’un échange réel.
La loi sur l’aide médicale à mourir s’appuie sur un consensus politique plus ou moins préfabriqué. Elle ne s’appuie pas sur un consensus social éclairé. Il faudra dans l’avenir vivre avec cette disjonction et accepter que cohabitent des choix éthiques divergents. Ce qui devrait logiquement permettre un espace pour l’objection de conscience à laquelle auront recours des professionnels de la santé. Autrement, on subirait la tyrannie d’un consensus politique sui generis qui projetterait l’image d’une démocratie un peu boiteuse.

 Le problème, c'est que les québécois acceptent ce consensus politique. Ils acceptent de se faire dire quels dossiers ils doivent trouver importants et quelle opinion priviliégée. Une fois que le débat est "clos", leur opinion "désuète" n'a plus de droit de cité.

On ne risque pas sa réputation, son emploi, etc pour le contrer. Tant qu'on ne prendra pas de risque, rien va changer.



21 mars 2016

"Il aurait dû être avorté"




Voici la triste histoire de Christopher, un jeune de 18 ans qui a été pris en charge par la DPJ.

Lorsque je discute d'avortement, les pro-choix disent que les gens comme lui auraient dû être avortés au lieu de vivre une vie d'enfer. Parce qu'une vie difficile ne vaut pas être vécue.

En fait, je trouve que cette réponse est superficielle. Premièrement, des droits ne dépendent pas des prédictions sur notre qualité de vie. Tout être humain a le droit à la vie, point. Deuxièmement, personne ne peut prédire l'avenir d'un bébé. Bien qu'on pense savoir le destin d'un enfant, il y a des enfants qui échappent à leurs circonstances. Troisièmement, une enfance difficile n'empêche pas l'adulte de connaître le bonheur.  Les adultes sont capables d'évoluer, d'apprendre, et de faire la paix avec leur passé.

Et quatrièmement -- et c'est mon point majeur-- la raison qu'on propose l'avortement n'est pas pour le bien de l'enfant, mais pour apaiser sa propre conscience.

Le gauchiste se sent responsable face à une situation troublante comme celle-ci. Un enfant a grandi dans l'abus, dans la négligence, et c'est la faute de la société. Mais c'est qui la société? C'est lui, le gauchiste. La société aurait dû faire quelque chose pour empêcher cette situation. Mais faire quelque chose interpelle le lecteur. Ça exige un effort.

À moins qu'on permet l'avortement.

L'avortement règle "tous les problèmes." Il règle le problème de la mère, le problème du gauchiste,  et -- d'une façon tordue-- le problème  de l'enfant, puisqu'il n'a pas à vivre dans la négligence. Sauf que, bien sûr, l'enfant doit mourir, mais ça c'est un petit détail, et si on ne lui accorde pas le statut d'être humain, ça ne troublera pas la conscience. Tout est réglé facilement. Sans effort. Pour le gauchiste.

Et qu'est-ce que le gauchiste dit face à l'argument pro-vie (majoritairement à droite)? Il accuse les droitistes d'hypocrisie, pour leur opposition à l'État-providence. "Vous n'êtes pas véritablement pro-vie, vous êtes pro-naissance; le moment que cet enfant est né, vous vous n'en préoccupez plus." Le problème selon le gauchiste, c'est que cet enfant est un fardeau sur l'État-providence.

 Comme si le seul moyen possible de s'occuper d'un enfant était de dépendre sur des programmes sociaux.

Et oui, l'État-Providence n'a pas pu s'occuper de cet enfant, et le gauchiste propose plus d'État, mais ça c'est pour un autre billet.

(Et tentez l'expérience: si les pro-vie étaient universellement en faveur de l'État-Providence, serait-il plus en faveur du droit à la vie? Bien sûr que non.)

La solution aux problèmes des difficultés des enfants ne commencent pas par l'État. Il faut commencer par le principe que l'existence de l'enfant n'est pas le problème. Le problème est financier, psychologique, circonstanciel ou autre. La nature de la solution doit correspondre à la nature du problème. Si c'est un problème financier, il faut trouver une solution financière; un problème psychologique nécessite une solution psychologique, et  ainsi de suite. Mais la gauche propose  comme solution la mise à mort de l'enfant à naître, parce que c'est l'enfant qui est le problème.

Derrière le souhait qu'une personne aurait dû être avorté, c'est la volonté de ne pas avoir à s'en occuper de sa souffrance. Bien sûr, la personne morte n'aurait pas d'expérience douloureuse, mas le gauchiste ne semble pas rendre compte que l'avortement l'aurait complètement effacé de l'existence. Est-ce vraiment respectueux de la personne humaine?

12 février 2016

À bas les faux valentins...


Je publie ce lien pour soulever une problématique qui existe dans nos écoles: la tentative de protéger les enfants de toutes expériences négatives.

Aujourd'hui on observe la Saint Valentin à l'école de mes filles. La politique est: si tu donnes des valentins, il faut que tu en donnes à tout le monde.

J'ai toujours détesté cette politique, même si mes filles, étant autistes, risquaient d'avoir peu ou pas de valentins.