Le supposé droit à l’avortement repose sur trois présuppositions.
1. La femme a le droit de disposer de son corps. Personne ne dispute cet énoncé en général.
2. Le fœtus n’est pas un être humain, donc n’est pas une personne. Voilà la question la plus épineuse.
3. Même si le fœtus était une personne, la femme n’a aucune responsabilité face à ce fœtus.
Que le fœtus est un être humain est évident. Dès la conception, on est en la présence d’un nouveau être humain. Pas un être humain en devenir. Un être humain. Le zygote, l’embryon, le fœtus— ce sont tous des humains dans différents stades de leur développement.
La notion de la "personne" est une catégorie inventée pour faire de la discrimination. Le fait d’être un « être humain » mais non une « personne » a toujours été utilisé pour exploiter ou opprimer les gens.
La dignité humaine n’est pas quelque chose qui s’acquiert—on le possède grâce à notre nature rationnelle. Bien que pas tout le monde est capable d’exercer cette rationalité pour diverses raisons, tout être humaine possède la nature possible qui lui donne ce potentiel de raisonner, même s’il est handicappé ou dans le coma. Son état handicappé est un accident, un défaut de circonstances; il n’enlève rien de sa nature humaine.
Donc le fœtus, comme le handicappé et la personne dans le coma a autant de dignité que la personne en santé, à cause de son appartenance à la race humaine.
Alors, s’il possède la même nature que les gens qui sont nés, les fœtus possède les mêmes droits. Il a donc le droit à la vie.
Et non seulement il a le droit à la vie, mais les autres sont responsables pour son bien-être, compte tenu de sa position vulnérable. La femme, en tant que mère du fœtus, a la charge de s’en occuper.
Ça peut sembler une vérité difficile à digérer parce qu’on croit à la liberté des gens de décider de leur destin. On a la perception que la femme qui ne peut pas avorter est une victime de ses circonstances, un être qui n’est pas humain à part entier comme un homme.
Mais le problème c’est qu’au lieu de vivre selon la vérité de la dignité du fœtus, on l’ignore et donc lorsqu’il faut faire face à une grossesse non-planifiée, cette réalité peut sembler injuste. Pourquoi avoir à « gâcher » sa vie avec un bébé à cause d’une rencontre d’une nuit qui va tout chambarder. Les hommes (semble-t-il) peuvent évader leur responsabilité parentale (selon le mythe féministe) et jamais rien souffrir. Mais la femme elle, est poignée à s’occuper d’un flot dont elle ne voulait pas nécessairement. Elle est donc « condamnée » à la pauvreté et à une existence marginale et ne connaîtra jamais de bonheur à cause d’une « erreur ».
C’est un poids lourd à porter quand on ne s’attendait pas aux conséquences.
Mais le problème c’est pas le fœtus. Du moment on reconnaît son droit à l’existence, sa dignité inhérente et qu’on lui doit une protection, c’est pas là le problème.
Le problème, c’est qu’on agit pas en conséquence.
C’est plus facile de ne pas respecter la personne que la respecter. On peut ben permettre que l’avortement demeure légal et laisser faire les principes.
Mais cette réaction n’est pas digne de nous.
Le moment qu’on reconnaît la dignité du fœtus, il faut changer ses comportements. Il faut penser que peut-être compte tenu du risque de la grossesse (même lors des rapports « protégés ») qu’il faut réserver les actes sexuels pour le mariage. Il faut se dire que la personne avec qui ont a affaire pourrait devenir le parent d’un futur enfant. Il faut peut-être traiter la sexualité avec beaucoup plus de sérieux que la moyenne, et tenir compte des conséquences lourdes d’un mauvais choix.
Pas réaliste! Dit-on. Mais qu’elle est la réalité aujourd’hui? Trente milles avortements par année. Des jeunes dans des familles monoparentales. Des jeunes qui manquent de l’attention et la surveillance qui grandissent avec une carence affective. Des gens marqués par le divorce et toutes ces séquelles.
En voulant être de plus en plus « réaliste » on gâche la société plus.
Donc, ça ne marche pas. Quand ça marche pas, il faut abandonner cette façon de faire.
Au lieu de se coller trop au pragmatisme, peut-être il serait mieux de savoir la vérité puis agir en conséquence. Parce que ces choses-là peuvent avoir l’air abstraites dans le moment et un peu ennuyantes, mais on agit selon des principes parce que dans le fond c’est comme ça qu’on s’épanouît.